M. le Premier ministre Ali Faleh al-Zaidi n'est pas le caissier des partis
M. le Premier ministre Ali Faleh al-Zaidi n'est pas le caissier des partis

Bagdad - reportage du quotidien irakien Al-Wasat
En Irak, la performance du Premier ministre ne se mesure pas à ce qui satisfait tel ou tel parti, mais à ce qu'il apporte au peuple et à ce qu'il préserve de la dignité et de la souveraineté de l'État. M. Ali al-Zaidi, depuis sa prise de fonction à la tête du Conseil des ministres, ne devrait pas être traité comme un employé d'une formation politique, ni voir son rôle réduit à une expression blessante telle que «caissier d'un parti». Le Premier ministre est responsable de la gestion de l'État, et non d'ouvrir ses coffres pour satisfaire les desiderata des forces concurrentes.
Il est vrai que la formation des gouvernements en Irak passe par des accords politiques, et que le Cadre de coordination a proposé Ali al-Zaidi pour la présidence du gouvernement, puis que l'Assemblée nationale a accordé la confiance à son gouvernement le 14 mai 2026. Mais la désignation politique n'ôte rien au fait que la responsabilité constitutionnelle et nationale s'exerce devant l'État, ses institutions et les citoyens.
Les partis ont le droit de diverger, de négocier et de présenter leurs visions, mais aucune partie n'a le droit de considérer les institutions de l'État comme sa part privée ou sa caisse. L'argent public appartient aux Irakiens; les nominations, les services et les décisions gouvernementales doivent être soumis à la loi, à la compétence et à l'intérêt général, non au partage d'influence ou à la loyauté partisane.
Un Premier ministre fort est celui qui écoute tous les acteurs, mais n'autorise personne à s'approprier sa décision ou à lui imposer ce qui serait contraire à l'intérêt du pays. C'est celui qui place en tête de ses priorités les services, la lutte contre la corruption, les opportunités d'emploi et la protection des fonds de l'État, et qui tient pour responsables les négligents, quel que soit leur rang ou l'entité à laquelle ils appartiennent.
Cet appel ne signifie pas accorder à un responsable une immunité face à la critique; le gouvernement doit être transparent, et le peuple a le droit d'interroger les résultats des promesses et des programmes. Mais la critique doit viser les décisions, les performances et les faits, et non se transformer en une insulte réduisant une fonction constitutionnelle à une description dégradante. À l'inverse, les slogans ne suffisent pas à prouver l'indépendance de la décision; ce qui la démontre, c'est une attitude pratique équitable, l'application de la loi pour tous et des résultats perceptibles par les citoyens.
L'Irak a besoin d'un Premier ministre dont la première fidélité va à la Constitution, à l'État et au peuple, qui traite les partis comme des forces politiques actives et non comme des tuteurs du gouvernement. Ainsi, M. Ali al-Zaidi n'est le caissier d'aucun parti; il est le chef du gouvernement irakien, et la véritable mesure de son succès est ce qu'il apporte aux Irakiens et ce qu'il préserve pour les institutions de l'État.



