La décision d'al-Zaydi d'interdire les vols entre l'Irak et l'Iran met le Cadre de coordination dans l'embarras
La décision du Premier ministre Ali al-Zaydi de suspendre les vols avec l'Iran sous la pression américaine a suscité de vives critiques contre le Cadre de coordination en raison de son silence initial ; ses dirigeants ont ensuite reculé en demandant la levée de l'interdiction, face à des menaces et des pressions politiques et parlementaires.

La réaction lente des forces du Cadre de coordination pour contester la décision du Premier ministre Ali al-Zaydi d'interdire les vols entre l'Irak et l'Iran a suscité critiques et doutes quant à la position de la coalition sur ce développement ; par la suite, ses composantes ont tenté de «sauver la face».
Rappelons que la suspension des vols iraniens a été prise sous la pression américaine, ce qui a poussé le Cadre de coordination au pouvoir à essayer d'adoucir son ton après un silence initial qui a provoqué la colère du public et de ses partisans ainsi que des critiques en provenance d'Iran.
Bien que les dirigeants du Cadre aient condamné la suspension en la qualifiant de violation de la souveraineté irakienne, l'affaire ne s'est pas arrêtée là, et les critiques ont persisté malgré l'accord de Washington sur une exemption temporaire et partielle pour les vols vers Najaf.
Face à l'ampleur des critiques, le directeur de l'aéroport international de Najaf, Hussein Mahna, a déclaré : «Les ordres d'interdiction sont venus du bureau du Premier ministre al-Zaydi.»
L'absence d'une réaction immédiate des dirigeants du Cadre n'a pas contribué à apaiser l'indignation générale, et la décision a été critiquée en Iran : le consulat iranien à Najaf a publié sur la plateforme X, le 25 septembre, une question sur la manière de fermer un aéroport qui dessert le sanctuaire de l'imam Ali «devant le plus grand pays chiite du monde».
Le conseiller du Guide suprême en Iran, Ali Akbar Velayati, a aussi formulé une critique implicite du Cadre en affirmant que la légitimité du Premier ministre «est enracinée dans le sol de Najaf et le sang des martyrs, et non à Washington», soulignant que le Cadre qui est resté silencieux bénéficiait de la «confiance de la résistance».
Le 26 septembre, les critiques émanant des dirigeants du Cadre se sont intensifiées, parmi eux le chef d'Asaib Ahl al-Haq, Qais al-Khazali, et le chef d'Al-Nujaba, Akram al-Kaabi, qui a menacé d'organiser des sit-in à l'aéroport si les vols ne reprenaient pas, tandis que le président de l'organisation Badr, Hadi al-Amiri, a appelé le gouvernement à revenir sur la décision, la qualifiant «d'injuste».
Des observateurs ont estimé que ce changement de ton ressemblait à une tentative de «sauver la face», et que l'opposition des dirigeants du Cadre à la suspension des vols iraniens reflétait un problème structurel plus large au sein de la coalition au pouvoir.
Le Cadre apparaît comme des partis au pouvoir ayant intérêt à réduire le coût des sanctions américaines imposées à l'Irak, mais certains de ses membres dépendent aussi politiquement d'une posture d'opposition à la pression américaine et veulent maintenir des relations étroites avec l'Iran.
La soumission de Bagdad à l'interdiction, malgré les objections des dirigeants du Cadre, montre la difficulté de résister à la pression américaine lorsqu'elle menace les institutions de l'État de sanctions ; le coût de cette soumission est particulièrement visible à Najaf, compte tenu de l'importance des visiteurs iraniens pour le tourisme religieux, ce qui a poussé Bagdad à chercher des exemptions couvrant les visites religieuses ainsi que les déplacements médicaux et scolaires.
Ce différend intervient dans le cadre d'un conflit plus large sur l'autorité d'al-Zaydi, après un désaccord entre lui et Hadi al-Amiri en août au sujet de qui dirigerait la campagne visant à placer les armes des factions sous le contrôle de l'État, al-Amiri insistant pour que les décisions majeures soient prises collectivement par le Cadre de coordination plutôt que par al-Zaydi seul.
L'appel d'al-Amiri, le 26 septembre, demandant à al-Zaydi de revenir sur l'interdiction est perçu par certains comme la preuve que les luttes de pouvoir autour du Premier ministre dépassent la question des armes et concernent aussi la façon dont le gouvernement répond à la pression américaine.
L'opposition à l'interdiction des compagnies de transport iraniennes pourrait passer de condamnations publiques à une pression politique directe sur al-Zaydi : un groupe de députés de Bassorah a demandé la levée de l'interdiction et a commencé à recueillir des signatures pour convoquer al-Zaydi, le ministre des Transports et le président de l'Autorité de l'aviation civile devant le Parlement, tandis qu'un dirigeant sécuritaire des Kata'ib Hezbollah a menacé de renverser le gouvernement al-Zaydi «par tous les moyens» si le «siège aérien» contre l'Iran se poursuivait après le 1er octobre.



