Damas prévoit une hausse de 50% des échanges commerciaux avec l'Irak après le raccordement électronique
Damas prévoit une hausse de 50% des échanges commerciaux avec l'Irak après le raccordement électronique

La direction de la Chambre de commerce de Damas a prédit dimanche une croissance des échanges commerciaux entre la Syrie et l'Irak comprise entre 30 et 50 % au cours des 12 premiers mois suivant la mise en œuvre du raccordement électronique entre les douanes des deux pays.
Louay Al-Ashqar, membre du conseil d'administration de la chambre, a déclaré au quotidien irakien Al-Wasat que le raccordement électronique vise à simplifier les procédures, échanger des données, accélérer le traitement des transactions et augmenter la capacité d'accueil des points frontaliers, en précisant que les estimations s'appuient sur l'expérience du point de passage de Rabia dont l'ouverture a contribué à augmenter les échanges commerciaux de 20 %.
Il a ajouté que les estimations visent le retour progressif des échanges commerciaux à un niveau compris entre 300 et 500 millions de dollars d'ici 2027, jusqu'à un milliard de dollars, soit le niveau en vigueur avant 2011, sans compter les recettes du nouveau transit pétrolier.
Il a expliqué que la mise en œuvre du raccordement électronique via le système « ASYCUDA », et la vérification électronique des certificats d'origine et des factures, pourraient réduire le temps d'attente des camions aux postes frontières, actuellement de deux à quatre jours, à quelques heures, ce qui diminuerait les coûts de stationnement, de réfrigération et les salaires des chauffeurs, ainsi que les coûts informels, d'un taux estimé entre 15 et 25 % du coût du transport routier.
Al-Ashqar a indiqué que l'accélération des opérations de transit pourrait faire baisser les prix des produits frais — notamment légumes, fruits et produits laitiers — de 8 à 12 %, tandis que les prix des biens industriels et pharmaceutiques pourraient diminuer de 5 à 7 % sur les marchés de Damas et de Bagdad.
Il a précisé que l'agriculture et les industries agroalimentaires seraient parmi les principaux secteurs bénéficiaires du raccordement électronique, suivis par les médicaments, les détergents, le plastique et les matériaux de construction, tandis que le secteur de l'énergie et du transit figurerait parmi les principaux bénéficiaires, avec des prévisions de facilitation du mouvement des citernes de pétrole irakien vers la côte syrienne.
Al-Ashqar a affirmé que le raccordement électronique contribuera à augmenter les exportations syriennes vers l'Irak, estimant que le problème actuel ne réside pas dans la demande, mais dans les procédures.
Il a fait savoir que l'Irak rendra la vérification électronique via la plate-forme « ECOR » obligatoire à partir du 7 octobre 2026, en précisant que le raccordement entre les douanes syriennes et irakiennes aidera les entreprises à surmonter les obstacles liés aux contrôles douaniers.
S'agissant du transit, Al-Ashqar a prédit une multiplication par deux du trafic régional entre le Golfe, la Turquie et l'Europe via l'axe Al-Tanf, après l'augmentation de la capacité du point de passage et la réhabilitation de la route Al-Tanf–Al-Bassiri longue de 215 kilomètres, pour un coût de 150 millions de dollars.
Il a estimé les investissements initiaux attendus du secteur privé dans la logistique à environ 50 à 80 millions de dollars sur deux ans, comprenant des aires d'échange, des chambres froides et des entrepôts frigorifiques, des flottes de camions, des sociétés de dédouanement et des entrepôts douaniers.
Il a souligné que la réduction du temps de dédouanement de 72 heures à 6 heures renforcerait la compétitivité des produits syriens, prévoyant une augmentation du nombre d'entreprises recourant aux points de passage, en particulier des petites et moyennes entreprises visant les marchés de Mossoul, Bagdad et Bassorah.
Il a précisé que les sociétés de transport seraient des bénéficiaires immédiats du raccordement électronique, puisque, selon ses estimations, un camion pourrait porter son nombre de trajets mensuels de deux à quatre ou cinq trajets, réduisant ainsi le coût d'exploitation et augmentant la marge bénéficiaire des sociétés de fret.
Al-Ashqar a indiqué que la réduction nette attendue des coûts pour l'exportateur et l'importateur pourrait atteindre environ 120–180 dollars par camion, soit l'équivalent de 10–15 % du coût total d'une cargaison moyenne.
L'Autorité des points frontaliers irakienne a annoncé, plus tôt dimanche, un accord avec la partie syrienne sur huit mesures pour faciliter la circulation des camions et des voyageurs et l'échange électronique des données douanières, parmi lesquelles l'affectation de nouvelles routes commerciales, la facilitation du passage des camions de transit et l'extension du point de passage de Rabia en ajoutant 100 dounams pour accueillir le nombre croissant de camions et de citernes.
Les deux parties ont également convenu de reprendre la circulation des voyageurs via le point de passage d'Al-Walid une fois achevées les salles des passeports et les voies dédiées, tout en maintenant l'entrée des voyageurs par les points de passage de Rabia et al-Qaim.



