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Le pétrole seul ne protège pas les salaires et les projets des Irakiens : l'effet de la guerre en Iran sur les recettes de l'Irak et des pays du Golfe

التحريرPublié: 2026-10-24 11:26 · 11 min de lecture

La baisse des recettes pétrolières de l'Irak en 2026 a révélé les risques d'une dépendance exclusive au pétrole, tandis que l'impact de la guerre et des perturbations de la navigation sur les exportations et les revenus dans le Golfe a varié selon les pays.

Le pétrole seul ne protège pas les salaires et les projets des Irakiens : l'effet de la guerre en Iran sur les recettes de l'Irak et des pays du Golfe


Rédaction : le quotidien irakien Al‑Wasat

Le pétrole est la principale source de recettes de l'Irak, mais il ne garantit pas à lui seul la stabilité de l'économie ni la continuité des salaires et des projets en cas de crise. La guerre en Iran et les perturbations de la navigation dans la région ont montré que la dépendance d'un État à une seule ressource rend ses revenus vulnérables lorsqu'augmentent les interruptions des exportations ou les coûts de transport.

Posséder d'importantes réserves pétrolières ne suffit pas si l'on n'est pas en mesure de produire, d'exporter et de vendre ce pétrole. Quand les recettes diminuent, le gouvernement est confronté à des choix difficiles pour financer les salaires, les services, la protection sociale et les projets d'investissement.

Comment la guerre a‑t‑elle affecté les recettes de l'Irak ?

L'Irak dépend fortement des recettes pétrolières pour financer le budget public. Au cours des sept premiers mois de 2026, les recettes pétrolières ont chuté d'environ 53 % par rapport à la même période de l'année précédente, passant d'environ 65 trillions de dinars à environ 30,4 trillions de dinars.

Les recettes publiques totales ont, elles aussi, diminué sur la même période, passant d'environ 72 trillions de dinars à 39,1 trillions de dinars. En parallèle, les dépenses gouvernementales ont dépassé 65 trillions de dinars, créant un large écart entre les entrées dans le Trésor et les engagements de dépenses.

Ces chiffres ne signifient pas que les salaires des fonctionnaires cessent automatiquement quand les recettes baissent : le gouvernement peut utiliser la liquidité disponible, emprunter ou reporter certaines dépenses. Mais la persistance de l'écart budgétaire réduit les options et peut entraîner des retards de projets ou des réductions des dépenses de service et d'investissement.

Pourquoi une hausse des prix du pétrole ne suffit‑elle pas ?

Les prix du pétrole peuvent augmenter pendant les guerres et les crises, mais la hausse du prix ne compense pas toujours la baisse du volume exporté. Les recettes d'un État dépendent de trois facteurs principaux : le niveau de production, la capacité à transporter et exporter le pétrole, et le prix de vente.

Si le prix mondial augmente mais que le passage des pétroliers est perturbé ou que les exportations diminuent, l'État peut ne pas atteindre les recettes escomptées. C'est ce qu'a connu l'Irak durant la guerre : ses exportations ont été réduites à certains moments de la crise, malgré la hausse des cours sur les marchés mondiaux.

De plus, les recettes pétrolières ne se transforment pas immédiatement en liquidités disponibles : il existe des obligations financières, des coûts opérationnels, des coûts de production et de transport, ainsi que la nécessité de convertir ces recettes en fonds utilisables par le gouvernement.

Salaires et projets sous pression budgétaire

Quand les revenus publics reposent sur le pétrole, de nombreux secteurs sont affectés par toute baisse des recettes. Le pétrole finance les salaires des employés, la protection sociale, les services de santé et d'éducation, l'électricité, les projets d'investissement, etc.

Quand les recettes diminuent, le gouvernement doit arbitrer entre des priorités concurrentes. Les salaires et les engagements mensuels sont des dépenses difficiles à suspendre, tandis que les nouveaux projets ou les travaux de développement et d'entretien peuvent être retardés ou ralentis. Si la crise s'installe, l'exécution des projets nécessaires aux citoyens ainsi que le niveau des services offerts peuvent être affectés.

Les citoyens peuvent aussi ressentir les effets de la crise par la hausse des prix des biens importés et du coût du transport, même si leurs salaires continuent d'être payés. L'Irak importe une grande partie de ses besoins : les perturbations du transport maritime et l'augmentation des coûts d'assurance et de fret peuvent faire grimper les prix des aliments, des médicaments et des matières premières.

Quel a été l'impact sur les pays du Golfe ?

L'impact de la guerre a varié selon les pays du Golfe, en fonction du volume des exportations de chacun, du type d'énergie produite et des voies d'exportation disponibles. Certaines exportations ont été affectées par les risques pour la navigation et les interruptions du trafic maritime, tandis que d'autres pays ont pu recourir à des oléoducs et à des ports alternatifs pour réduire leur dépendance au détroit d'Ormuz.

Les exportations des pays du Golfe autres que l'Iran ont pu se redresser pendant certaines phases de la guerre, atteignant des niveaux proches ou supérieurs à leurs moyennes antérieures. Mais cela n'a pas mis fin aux risques : les voies maritimes sont restées exposées aux attaques et aux perturbations, et certains envois ont dû emprunter des routes plus longues et plus coûteuses.

L'Arabie saoudite, par exemple, dispose d'un oléoduc qui achemine du pétrole vers la mer Rouge, ce qui lui offre une voie alternative au détroit d'Ormuz. Toutefois, ces alternatives ont des capacités limitées et peuvent elles aussi être vulnérables aux pannes ou aux risques sécuritaires.

Quant aux exportations de gaz naturel liquéfié, comme celles du Qatar, elles nécessitent des installations spécialisées et des navires adaptés au transport du gaz. Certaines installations énergétiques de la région ont été endommagées durant la guerre, affectant les capacités d'exportation et montrant que le risque ne se limite pas aux seules voies maritimes, mais concerne aussi les infrastructures de production et de traitement.

Les pays exportateurs peuvent profiter de la hausse des prix de l'énergie s'ils maintiennent la production et les exportations, mais cela ne les protège pas de l'augmentation des coûts d'assurance et de transport, des dommages éventuels à leurs installations ou d'un arrêt des exportations. Les pertes diffèrent donc d'un pays à l'autre, mais la poursuite de la guerre alourdit le fardeau économique pour toute la région.

Pourquoi l'Irak paraît‑il plus vulnérable ?

L'Irak fait face à un double problème : il dépend fortement du pétrole pour financer ses dépenses, et il dépend en même temps des importations pour couvrir une grande partie de ses besoins. Ainsi, une crise peut à la fois réduire les revenus de l'État et augmenter le coût des biens sur le marché intérieur.

L'Irak doit aussi diversifier ses voies d'exportation et développer ses capacités de stockage et de transport. Lorsque les exportations reposent sur un seul corridor, le pays devient plus vulnérable si la navigation est interrompue ou si les pétroliers sont exposés à des risques sécuritaires.

Dans ces conditions, les recettes publiques peuvent diminuer tandis que le coût des importations augmente. Cela exerce une pression supplémentaire sur le budget et sur le pouvoir d'achat des citoyens, et peut affecter le financement des projets et des services.

Que peut‑on faire pour protéger les salaires et les projets ?

La protection de la stabilité financière passe par la réduction de la dépendance à une seule source de revenus. Cela implique de développer les recettes non pétrolières, d'améliorer la collecte des impôts et des redevances, de lutter contre la corruption et le gaspillage, et de diversifier l'économie en soutenant l'agriculture, l'industrie, le tourisme, le transport et les services.

L'Irak doit également développer des débouchés d'exportation alternatifs, augmenter les capacités de stockage et de transport, et constituer des réserves financières utilisables en cas de chute des recettes. Mettre en place des plans de dépenses fondés sur des prévisions réalistes des prix et des volumes d'exportation aide aussi à éviter une expansion des engagements en période faste, puis un déficit en cas de crise.

Diversifier l'économie ne signifie pas renoncer au pétrole : l'Irak restera un pays pétrolier important. Mais il faut utiliser les revenus pétroliers pour bâtir des secteurs productifs qui génèrent des revenus et des emplois durables, plutôt que de compter uniquement sur le pétrole pour couvrir la majorité des dépenses annuelles.

Conclusion

La guerre en Iran a montré que le pétrole seul ne protège ni les salaires des Irakiens ni la continuité des projets. La présence de pétrole et la hausse des prix ne suffisent pas si les exportations diminuent ou si les voies de transport sont perturbées : la dépendance à une seule ressource rend le budget particulièrement sensible aux crises.

L'effet de la guerre a été inégal dans les pays du Golfe : certains ont vu leur production ou leurs exportations paralysées, tandis que d'autres ont bénéficié de la hausse des prix ou de voies alternatives. Mais les risques pesant sur la navigation et les attaques contre les infrastructures énergétiques ont alourdi le coût de la crise pour l'ensemble de la région.

La leçon principale pour l'Irak reste que la stabilité financière exige des ressources diversifiées, des voies d'exportation multiples et une gestion prudente des dépenses. Plus la diversification économique tarde, plus les salaires, les projets et les services resteront exposés aux fluctuations du pétrole et à des événements échappant au contrôle du citoyen irakien.


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